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es collectifs Stop gaz de couche 57 et Les ingazables organisent un forum à Adelange, ce week-end avec pour thème « Les grands projets inutiles et imposés ». Les GP2I sont – d’après la Charte de Tunis adoptée en 2013 lors du Forum social – les projets qui « constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain. Ils n’intègrent jamais la participation effective de la population à la prise des décisions ». Jérémy Nicolas, membre organisateur, détaille les enjeux.

Selon vous, quels sont les grands projets inutiles et imposés ?

Jérémy NICOLAS, membre organisateur : « C’est un thème générique. Nous, nous évoquerons le gaz de couche : une énergie fossile gourmande en eau qui fournit un gaz avec un prix de revient qui est le même que celui du gaz importé. Mais il y aura aussi Bure et la question de l’enfouissement des déchets nucléaires. Là, ce n’est pas inutile : il faut faire quelque chose, mais la solution n’est pas adaptée aux problématiques. »

Plusieurs collectifs et associations sont présents, représentant diverses luttes…

« Nous voulons synchroniser et renforcer les liens entre les différentes luttes et structures. Nous avons remarqué des trames communes et nous pouvons avoir des réponses communes. »

C’est-à-dire ?

« Les grandes sociétés, avec l’aide de certains politiques, ne tiennent pas compte de l’avis de la population et fournissent des données tronquées qui ne présentent que ce qui les avantage. »

Avez-vous un exemple local ?

« Avec le gaz de couche, on a pu entendre que les anciennes mines allaient revivre. C’est faux ! Il sera extrait de veines de charbon jamais exploitées. La plate-forme de Zimming a des veines qui courent sous Boucheporn. Or la commune a déjà des maisons sinistrées par les dégâts miniers. »

Vous estimez qu’il y a un manque d’information ?

« Oui, et les sociétés jouent sur les mots. Elles disent « Ce n’est pas du gaz de schiste », car il a une mauvaise image. Mais le gaz de couche est son cousin et son exploitation a les mêmes conséquences. Notamment cela fait intervenir des produits dangereux. Les sociétés disent qu’ils sont biodégradables. Oui : ils se décomposent en produits extrêmement dangereux ! »

Vous avez constaté des résultats quant à vos actions ?

« Chacun doit pouvoir faire la part des choses et pour cela, avoir accès à toute l’information : pas uniquement des passages choisis. Par exemple, dans le document portant sur l’autorisation de début des travaux il est stipulé l’autorisation de la stimulation et les risques pour l’eau inhérents ! Lors d’un conseil municipal à Longeville, cela a été évident. La société est intervenue, puis l’association. Au final, les élus se sont prononcés contre l’exploitation. »

Mais il y a un « mais »…

« Les projets sont imposés : les enquêtes publiques et les avis des conseils municipaux ne sont que consultatifs. »

Vous dites pourtant que l’enjeu est national…

« Des permis sont déposés dans toute la France. Si un projet aboutit, c’est la porte ouverte aux autres. Or, l’extraction se fait par stimulation de la roche pour décrocher les molécules de méthane, sauf qu’elles passent ensuite dans les nappes phréatiques, les rivières, etc. et arrivent jusqu’au robinet ! »

Avec pour mot d’ordre : « Nous jouons pas sur nos maux : ne nous gazez pas les houilles ! », l’ambiance se veut festive ce week-end à Adelange lors du festival Gaz pas les houilles. Au programme, samedi à partir de 14h, des débats, à 16h une conférence, à 19h des concerts : Quarter Fall (metal alternatif de Metz), L´Prolo (rap militant de Metz), Kool and Sterols (punk-rock de Yutz), Fiaskro (rock alternatif de Saint-Avold) et Last Coyote. Dimanche, projections de documentaires, ateliers et dans l’après-midi, démonstration d’action non-violente ouverte à tous. Camping, buvette, cantine à prix libre. Entrée libre.