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« Réconciliation » entre Total et l’Algérie : le retour de la fracturation hydraulique

avril 18, 2017

HYDROCARBURES NON CONVENTIONNELS

source: observatoire des multinationales

12 AVRIL 2017 PAR OLIVIER PETITJEAN

Total et la compagnie nationale algérienne Sonatrach sont parvenues à un accord pour mettre fin à leurs litiges et développer ensemble de nouveaux projets gaziers. Est notamment concerné le gisement de Timimoun, qui recèle du gaz non conventionnel nécessitant le recours à la fracturation hydraulique. Il y a deux ans, la perspective d’une exploitation du gaz de schiste dans la concession d’Ahnet, également dans le Sud saharien, avait suscité un vaste mouvement de révolte.

Les PDG de Total et de la Sonatrach, compagnie nationale des hydrocarbures de l’Algérie, ont signé en grande pompe le lundi 10 avril à Alger un « accord global » soldant leurs contentieux et validant un certain nombre de nouveaux projets communs. Parmi ces projets, la construction d’une usine pétrochimique, mais aussi la mise en exploitation du gisement de Timimoun, dont Total détient 38% et qui recèle du tight gas, un gaz non conventionnel dont l’extraction requiert, comme le gaz de schiste, le recours à la fracturation hydraulique. Les deux groupes ont également annoncé, selon Le Monde, qu’ils se lanceraient prochainement ensemble sur un autre gisement, « dont le nom reste confidentiel ».

L’annonce signe donc le retour de la fracturation hydraulique en Algérie, deux ans après le mouvement social inédit qu’avait connu le sud du pays, et un peu plus d’un an après l’annonce officielle de « suspension » de la recherche de gaz de schiste par la Sonatrach.

Sur ce mouvement social et les nombreuses questions entourant l’implication de Total ou d’autres firmes étrangères, lire le rapport que nous avions publié à l’époque : Total et le gaz de schiste algérien.

Les populations du Sud saharien s’étaient soulevées, de manière inattendue, à l’annonce de forages par fracturation hydraulique à proximité de la ville d’In Salah, dans le bassin d’Ahnet. À l’origine de ce mouvement, les craintes d’une contamination des ressources en eau, cruciales dans cette région désertique. Immédiatement montrée du doigt par les habitants de la région, Total a annoncé (d’une manière étrangement tardive) qu’elle s’était en fait retirée de la concession d’Ahnet six mois auparavant, apparemment en raison d’un désaccord fiscal avec le gouvernement algérien.

En tout état de cause, la firme française a toujours gardé ses intérêts dans le bassin de Timimoun, au nord de celui d’Ahnet, qui recèle lui aussi du gaz non conventionnel. C’est ce gisement qui doit être exploité à partir de 2018. Quant à l’identité de l’autre gisement « confidentiel » qui serait exploité conjointement par Total et la Sonatrach, les hypothèses sont ouvertes.

Les deux firmes ont également annoncé qu’elles allaient régler à l’amiable les litiges qui les opposaient et qui ont donné lieu à des procédures d’arbitrage international État-investisseurs – ces fameuses procédures ISDS très critiquées dans le cadre du débat sur le projet de traité de libre-échange Tafta entre l’Europe et les États-Unis. Total avait poursuivi l’Algérie devant un tribunal arbitral en raison de la taxe sur les « profits exceptionnels » introduite en 2006 par le gouvernement pour récupérer une partie de la manne du boom pétrolier et gazier de l’époque. L’Algérie avait rétorqué en poursuivant Total, notamment, pour l’abandon du gisement d’Ahnet.

Olivier Petitjean

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Photo des mobilisations à In Salah : source

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