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Exploiter le grisou de Lorraine grâce à une introduction en Bourse

mars 16, 2016

PME indépendante basée à Forbach en Lorraine, La Française de l’Energie veut réaliser une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros sur la Bourse de Paris pour extraire et commercialiser le gaz contenu dans le charbon des anciens bassins miniers français. Objectif à terme : couvrir 5% consommation annuelle de la France.

La Française de l’Energie en Bourse

 

La remontée des cours des actions ressuscite les projets d’introduction en Bourse enterrés depuis plusieurs mois. Première société à vouloir profiter de cette fenêtre de tir, La Française de l’Energie, qui souhaite donner une nouvelle vie aux anciens bassins houillers français en exploitant le gaz contenu dans le charbon, plus connu sous le nom de grisou.

Jouer la carte du gaz made in France

« Faire du neuf avec du vieux », Julien Moulin, président de la PME installée à Forbach, en Lorraine, l’assume totalement. Il affiche l’ambition de « remplacer une partie des importations françaises » avec l’objectif « à terme de couvrir 5% de la consommation annuelle » de gaz en France. Les réserves de gaz, certifiées par le BEICIP-Franlab (filiale d’IFP Energies Nouvelles, l’ancien Institut Français du Pétrole) représentent l’équivalent de près de 6 fois la quantité consommée chaque année dans l’Hexagone, et « une fois et demie » le gisement de Lacq, situé dans le Béarn.

Outre cette relocalisation partielle de la production d’énergie fossile, Julien Moulin revendique un gaz plus propre. L’empreinte environnementale de la production et de l’acheminement du gaz de houille de La Française de l’Energie est estimée à 3,4 grammes de CO2 par kilowatt-heure (kWh), soit un bilan carbone près de dix fois plus performant que celui du gaz importé (32 g de CO2 / kWh). « Nous n’avons pas besoin de traiter, de transférer ni de liquéfier notre gaz », spécifie le dirigeant.

Excédents de trésorerie à partir de 2020

D’ici quelques années, l’exploitation a vocation à être rentable « dans toutes les configurations de marché » grâce à la combinaison d’un combustible à haut pouvoir calorifique (96% de méthane dans le gaz de charbon contre 93% pour le gaz d’importation) et d’une proximité avec les infrastructures existantes, les sites de production du groupe se situant entre 200 mètres et 5 km des points de distribution ou des pipelines.

Julien Moulin vise une génération d’excédents de trésorerie à partir de 2020. Une configuration qui devrait permettre « d’envisager » la mise en place d’une politique de distribution de dividendes.

Lourds investissements

La société a l’intention de couvrir « par l’introduction en Bourse tous ses besoins de financement », qui sont évalués à plus de 61 millions d’euros pour l’exercice fiscal 2016/2017. 20 millions d’euros doivent être consacrés après la cotation à l’acquisition de Gazonor, qui produit déjà du gaz de mine au sein de trois unités situées en région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, bientôt rebaptisée Hauts-de-France. Déjà exploité entre 2009 et 2011 par la société, Gazonor va être redynamisé par le lancement d’une activité de conversion du gaz en électricité, moyennant une enveloppe de 9,8 millions d’euros.

En Lorraine, La Française de l’Energie espère mettre en service sa première plateforme de production « au second semestre 2017 » et compter 15 puits de production en activité d’ici à fin 2018. D’autres projets sont à l’étude en France, en Belgique et en Allemagne pour continuer à faire croître la taille des réserves. Julien Moulin aspire à « redonner un élan aux territoires concernés en leur fournissant une énergie locale et compétitive ».

Gaz de charbon et gaz de mine ≠ gaz de schiste

Le gaz de charbon (CBM), le gaz de mine (CMM) et le gaz de schiste appartiennent tous à la famille des gaz non conventionnels. Mais, précise La Française de l’Energie dans son document de base d’introduction en Bourse, l’extraction des CBM et CMM en France « n’exige pas de recourir à la fracturation hydraulique [technique très critiquée pour son impact environnemental] du fait des caractéristiques géophysiques du charbon, des réservoirs et des bassins miniers ».

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