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Crash pétrolier en cours, attention gros dégâts !

février 2, 2016

Crash pétrolier en cours, attention gros dégâts !

Par Jacques Ambroise / Le 02-02-2016 /

Mis à part une certaine presse spécialisée dans le secteur des hydrocarbures, le reste des médias dominants ne semble montrer aucun empressement à évoquer les conséquences tragiques d’une actualité pourtant devenue calamiteuse dans l’ensemble de ce secteur hautement stratégique.

Si l’effondrement des cours du pétrole depuis juin 2014 satisfait les consommateurs occidentaux en soulageant quelque peu leurs dépenses grâce à la parcimonieuse baisse du prix des carburants à la pompe ou du budget chauffage, il n’en est pas de même dans les industries pétrolières, parapétrolières et financières. Comme anticipé par quelques-uns, le « boom » des gaz de schiste ne fut qu’un éphémère âge d’or et l’heure du repli a sonné.

Il est communément admis que le seuil de rentabilité de l’exploitation des hydrocarbures de schiste se situe entre 70/80 $ pour permettre de couvrir l’amortissement des coûts industriels directs (matériels, forages, salaires, etc.), mais en réalité si l’on tient compte de la globalité économique en incluant les frais annexes (remboursement des emprunts, des intérêts, des assurances, etc.) ce seuil atteint plutôt les 100/110 $. Dès lors, on comprend aisément que depuis que le prix du baril est passé sous la barre des 70 $, les premiers à souffrir de la situation sont les compagnies d’extraction des pétroles et gaz de schiste ainsi que l’extraction des sables bitumineux. L’eldorado tant vanté par les thuriféraires du tout pétrole a bien vite tourné au cauchemar, amenant une fois de plus son lot de laisser pour compte et ce depuis un an et demi déjà.

En 2015 aux États-Unis, les deux tiers des puits ont été fermés, la moitié des sociétés de forage ont disparu et si la situation perdure comme annoncée par certains économistes, l’année 2016 devrait être encore plus cruelle. Non seulement les suppressions d’emplois dans ce secteur se comptent déjà par dizaines de milliers, mais largement aidée par les médias, cette industrie a créé autour d’elle une énorme bulle spéculative afin de favoriser les investissements importants dont elle avait besoin, auprès des banques et autres investisseurs avides de profits rapides. La banqueroute est donc générale et ses conséquences financières, économiques, sociales, géopolitiques et géostratégiques encore loin d’être évaluées. Faut-il préciser que de nombreux pays, les États-Unis en tête, sont touchés par cet effondrement que l’on peut qualifier de systémique, puisqu’il faut en effet tenir compte de tous les secteurs industriels liés à cette industrie extractive.

Ajoutez à cela, la guerre que les pays émergents mènent contre l’hégémonie du pétrodollar (notamment la Russie et la Chine) et on mesure le degré d’intensité des multiples enjeux.

Après le festin, Il y a fort à parier que certains vont se réveiller avec….une bonne gueule de bois.

Pendant ce temps, notre village gaulois la France, semble hors d’atteinte de la conjoncture internationale et regarde ailleurs. La vertigineuse chute libre des hydrocarbures et de l’ensemble des matières premières avec comme conséquences celles des places boursières mondiales ne paraît pas affecter nos élites dirigeantes.

Fin septembre 2015, c’est à dire à quelques semaines de la COP 21, nos ministres de l’écologie et de l’économie signent conjointement des décrets octroyant de nouveaux permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux, ainsi que des renouvellements de permis, mutations, autorisations de forage et soutiennent la mise en place d’ infrastructures pétrolières et gazières (port méthanier de Dunkerque, gazoduc Eridan). Plus pitoyable encore, nos candidats à l’élection présidentielle ne lâchent rien ! Comme un seul homme, Juppé et Sarkozy pérorent crânement en soutenant encore que la France ne saurait se passer de l’exploitation de cette hypothétique « richesse nationale ». De manière quasi-obsessionnelle, ils persévèrent à considérer le gaz (de schiste ?) comme l’énergie de transition du futur.

Et pour finir provisoirement, fin janvier 2016, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, suivant les recommandations du rapporteur public, annule l’abrogation du permis de Montélimar accordé en 2010 à l’entreprise Total (pour autant, Total ne récupère pas (encore) son permis qui a expiré fin mars 2015).

Il y a donc fort à parier que nous allons prochainement entendre reparler du sujet car dans ce domaine comme dans d’autres, les collectifs citoyens restent vigilants et ne manquerons pas de se rappeler au bon souvenir de élites gouvernantes. La menace couve toujours et les débats risquent d’être brûlants si par ailleurs et très probablement, ils seront attisés par les conjonctures géopolitiques et géostratégiques internationales ainsi que par l’anti-démocratique serpent de mer que sont les négociations secrètes des accords de libre-échange, visant à sceller le mariage USA-UE, ou les multiples oppositions à quelques autres grands projets inutiles imposés.

Jacques Ambroise

Auteur de : « Gaz de schiste, histoire d’une imposture » Editions le Sang de la Terre Avril 2013

Co-auteur avec Jean-Marc Sérékian de « Gaz de schiste le choix du pire » Editions le Sang de la Terre. Novembre 2015


Les collectifs citoyens opposés à l’exploration–l’exploitation des gaz de schiste et gaz de houille se mobilisent et demandent :

Que le permis de Montélimar ne soit pas remis en vigueur;

Que les 133 demandes de permis* en cours d’instruction sur le territoire français soient définitivement rejetées.

Que le gouvernement, sur proposition du Parlement, prépare une loi interdisant toute exploration   exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, ainsi qu’il s’y était engagé pendant la campagne électorale de 2012.

Que les accords de libre-échange TAFTA et CETA ne soient pas signés par nos gouvernants.

* Données du Ministère de décembre 2015

 

GRAND RASSEMBLEMENT LE 28 février 2016 à Barjac (Gard)

Animations à partir de 11h00 – Marche militante à partir de 14h00

NON AUX PÉTROLE ET GAZ DE SCHISTE ET DE COUCHE

NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD ‘HUI NI DEMAIN

 

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