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L’Arrageois, futur bassin gazier du Nord – Pas-de-Calais ?

novembre 27, 2015

 

Publié le 27/11/2015

H. Fé. et E. C. / Photo Pascal Bonnière

nes de l’Arrageois sont un jour susceptibles d’abriter des puits de forage de gaz de houille. Une perspective qui déplaît fortement aux associations environnementales.
 Gazonor exploite salutairement le gaz de mine. Mais les écologistes craignent que l’entreprise creuse à terme pour extraire du gaz de couche.  PHOTO PASCAL BONNIEREVDNPQR
Gazonor exploite salutairement le gaz de mine. Mais les écologistes craignent que l’entreprise creuse à terme pour extraire du gaz de couche. PHOTO PASCAL BONNIERE

Le Grand Arras existe déjà ! Sur les plans de l’entreprise Gazonor, du moins. Esquissant un territoire de quelque cent vingt villes et villages de la communauté urbaine d’Arras, de la Porte des Vallées, de l’Atrébatie et du Sud Artois, baptisé « Sud Midi ». Du nom, en fait, d’une faille, dans les entrailles de laquelle plusieurs mouvements citoyens et associations environnementales craignent que Gazonor en extraie un jour du gaz de couche. Les communes repérées pourraient ainsi abriter un puits de forage.

Une perspective qui, pour le moment, suscite peu de réactions chez les habitants. ignorant pour la plupart que sous les géraniums ornant leurs jardins, au-delà des 1 000 m de profondeur, dort ce petit trésor convoité par Gazonor. Et ne s’inquiétant donc pas des répercussions sur leur environnement que pourrait avoir l’exploitation d’un tel gisement. « D’autant que ce ne sont pas les élus qui vont le leur dire, déplorent les émissaires des associations Houille-ouille-ouille, Gaz’Houille et Mag’Houille. Le lobbying est tellement important ! On leur promet un Eldorado économique, avec des tas d’emplois à la clé. Mais tout ça, c’est du vent ! »

Scénario catastrophe ?

Gabriel Berstein, qui préside l’association Rivière Nature et Patrimoine et s’est bombardé porte-parole de la fronde anti-gazière dans l’arrondissement, l’assure : « Si ça crée un ou deux emplois par puits, sachant qu’il n’y en aura pas partout, ce sera déjà beaucoup. Sans compter que le rendement des puits s’avère faible. D’ailleurs, pas mal de pays – Suède, Autriche, Pologne – en reviennent du gaz de couche ! »

Inutile, donc, de s’aventurer dans un pari économique risqué, tandis que l’impact écologique serait selon lui « considérable ». « Ce n’est pas dans les concessions historiques du bassin minier (« Poissonnière » pour l’axe Béthune-Lens-Douai, « Désirée » pour le Valenciennois) que Gazonor ira creuser, puisque c’est déjà un gruyère et que ça serait trop dangereux. Mais chez nous. Avec des forages, selon le principe de la fracturation hydraulique (fissuration de la roche par injection d’un liquide sous pression) qui pollueront la nappe phréatique, l’air, renforceront l’effet de serre et provoqueront des risques de séisme ».

Voilà qui ressemble un peu à un scénario catastrophe de blockbluster, non ? D’autant que la fracturation hydraulique est interdite en France depuis 2012. « C’est vrai. Mais des techniques dérivées sont à l’étude en Alsace Lorraine. Et l’on sait bien que ces entreprises-là ne sont pas philanthropes ! Et puis, alors que l’on parle de COP 21 et de 3e révolution industrielle, il est temps que l’on sorte de l’ère des énergies fossiles, pour s’engager dans une vraie transition énergétique basée sur la sobriété et les énergies renouvelables! »

« Pas maintenant », assure Gazonor

Si les associations environnementales agitent le spectre d’une future exploitation du gaz de houille, Nicolas Ricquart, directeur de Gazonor, (r)assurait à la fin de l’été nos voisins lensois : « Le sujet n’est pour l’heure plus d’actualité ». Ah bon ! Et ce en dépit de l’obtention de deux permis d’explorer (à Avion-Méricourt et Divion) et d’un épais rapport rédigé par une commission d’enquête sur le gaz de houille parlant d’un réel gisement ? « On nous dit, c’est vrai, qu’il existe un potentiel. Mais cela n’est pas notre priorité. » Pourquoi alors avoir demandé et obtenu ces permis d’exploration ? « Car à l’époque la qualité du grisou baissait et que notre activité n’était plus garantie à dix ans. Et nous n’avions qui plus est toujours pas obtenu l’autorisation de transformer ce gaz de mauvaise qualité en électricité. »

Mais c’est aujourd’hui le cas. Et Gazonor a annoncé en août un investissement de 15 M€ dans les trois ans à venir pour installer des unités de production d’électricité sur ses quatre sites déjà en exploitation à Avion (Glissoire et Fosse 7), Divion et Lourches. Elles seront alimentées par du gaz de mine de qualité insuffisante pour être injecté dans le réseau.

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