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Accord de libre-échange transatlantique : l’AREV pose les conditions du vignoble européen

octobre 28, 2015


Par Alexandre Abellan

Source: vitisphere

Dédeignant les enjeux commerciaux au profit de la défense des indications géographiques, l’Assemblée de Régions Européennes Viticoles (l’AREV) vient de prendre une résolution traçant ses lignes rouges pour les, discrètes, négociations du traité de libre-échange entre l’Union Européenne et les Etats-Unis (le TAFTA). Regrettant que « le chapitre des indications géographiques n’ait toujours pas fait l’objet de négociations formelles », les 70 régions viticoles ont adopté d’une seule voix un texte en forme de rappel à l’ordre de la Commission Européenne.

La principale exigence des élus du vignoble concerne la défense des « normes européennes, plus ambitieuses qui ne doivent pas être sacrifiées comme étant des entraves à la libre concurrence ». Les négociateurs européens sont ainsi sommés d’obtenir l’interdiction définitive de toute utilisation américaine des « 17 indications géographiques européennes, dites semi-génériques (Burgundy, Chablis, Champagne, Chianti, Claret, Haut-Sauterne, Hock, Madeira, Malaga, Marsala, Moselle, Port, Retsina, Rhine, Sauterne, Jérez-Xérès-Sherry et Tokaj) » ainsi que des « mentions traditionnelles européennes (château, classic, clos, cream, crusted/crusting, fine, late bottled vintage, noble, ruby, superior, sur lie, tawny, vintage et vintage character, vendanges tardives, sélection de grains nobles) ».

Au-delà de ces demandes identitaires, somme toutes classiques, l’AREV exige également du vignoble américain des concessions techniques. La résolution exige ainsi que les vins américains expédiés en Europe appliquent les bonnes pratiques oenologiques définies par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (l’OIV, que les Etats-Unis ont justement quitté en 2001 à cause de négociations houleuses sur ce sujet). Ne manquant pas de revendications, les représentants du vignoble européen demandent également l’exemption pour les vins européens de la démarche américaine de Certification d’Agrément de l’Etiquette (COLA), ainsi que la reconnaissance américaine du label européen « vin biologique » (aujourd’hui, leur équivalence reste limitée à « vins issus de raisins biologiques »). Et pour boucler ses doléances, l’AREV n’oublie pas de tacler au passage la gestion américaine du dossier des extensions internet en « .vin » et « .wine », et de demander une gouvernance multilatérale de l’ICANN (l’organisme intergouvernemental de gestion des noms de domaines web).

Si l’AREV estime d’emblée que « les droits de douane ne sont pas l’enjeu central de ces négociations », tous les représentants de la filière ne sont pas de cet avis. Précédant les déclarations d’intention de l’AREV, les représentants de la filière italienne s’impatientent. Comme le rapporte l’Unione Italiana Vini, la signature récente de l’accord transpacifique doit être un coup de semonce pour le vignoble européen, qui va voir les vins australiens, chiliens et néo-zélandais être dédouanés sur le marché américain. Par son président, Jean-Marie Barillère, le Comité Européen des Entreprises du Vin sommait, déjà au printemps 2014, « le secteur vitivinicole européen de ne pas se contenter d’une position conservatrice et défensive, mais au contraire de se montrer offensif afin de conserver voire élargir ses parts de marché ».

 

 

[Illustration : US-EU TTIP]

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