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Projet minier de Loc-Envel. Les très grandes réserves d’un toxicochimiste

mai 5, 2015

Propos recueillis par Arnaud Morvan

Manif contre el projet. Photos d’archives

Connu pour son rapport critique sur l’exploitation des gaz de schiste, le toxicochimiste André Picot, directeur de recherche honoraire au CNRS, était l’invité, samedi, de Douar Didoull, à Belle-Isle-en-Terre. Un scientifique qui, comme le collectif d’opposants au projet minier dit de Loc-Envel, appelle à accentuer la pression médiatique car « nous n’avons aucune garantie » environnementale. > Un projet minier de 400 km2 Comprenez-vous les craintes de Douar Didoull ? Faut-il avoir peur des sondages miniers ? Je ne suis pas géologue. Je ne connais pas non plus le projet Loc-Envel. Mais quand je lis l’interview du directeur de Variscan Mines, je me dis que son discours est à l’eau de rose et que c’est une joyeuse plaisanterie. Bien sûr, quand Michel Bonnemaison dit que « les risques de l’exploration sont nuls », c’est sûrement vrai. Ce ne sont évidemment pas quelques prélèvements de terre ou des mesures électromagnétiques par drones ou autres qui vont s’avérer dangereux. Mais ce sont les conséquences de ces mesures et études qui sont importantes et qui posent question. Tout le problème est celui de l’exploitation des mines. Et à l’heure actuelle, nous n’avons aucune garantie quant au respect de l’environnement et de la santé des populations. Michel Bonnemaison indique pourtant qu’aujourd’hui les méthodes d’extraction des minerais n’ont plus rien à voir avec celles du XIXe siècle… Quand ce Monsieur dit qu’on a l’expérience, c’est faux, mais c’est son boulot. Il suffit d’aller voir en Chine ou au Pérou comment cela se passe… En Bretagne, Variscan Mines vient chercher des métaux rares, stratégiques, qui rentrent dans la composition de composants électroniques indispensables à la téléphonie mobile, l’aérospatiale, etc. Le Massif armoricain en est très riche, c’est évident, comme celui des Cévennes. Les Cévennes, j’en parle car notre association, ATC (Association toxicologie chimie), a travaillé sur le site de Saint-Félix-de-Pallières (Gard). Ce que j’ai vu là-bas est dramatique. Des enfants jouent sur des terrils bourrés de plomb argentifère, ils souffrent de saturnisme : c’est une catastrophe ! Le magazine « Pièces à conviction » (France 3, NDLR) prépare un sujet à ce propos. Il doit être diffusé en septembre. Cela va faire du bruit… André Picot, directeur de recherche honoraire au CNRS Pour le projet Loc-Envel (336 km², 25 communes), c’est surtout le tungstène qui est recherché. Par ailleurs, le directeur de Variscan assure que les nappes phréatiques seront préservées… Quand on creuse à 50 mètres et plus, on tombe obligatoirement sur des nappes ce qui engendre des remontées des eaux contaminées. En outre, ce que ne dit pas le directeur de Variscan Mines, c’est qu’en Bretagne, on est sur un massif granitique et que pour exploiter le minerai, il faut utiliser de l’acide fluorhydrique qui est très dangereux. La Bretagne a déjà tellement de problèmes avec les nitrates et les pesticides (d’ailleurs, l’Union européenne va à ce titre sanctionner de plus en plus), qu’il est inutile d’en rajouter. En vous invitant pour une conférence à Belle-Isle-en-Terre, Douar Didoull sollicite le scientifique, mais aussi l’homme qui s’est érigé contre la fracture hydraulique dans l’exploitation du gaz de schiste. Il s’agit donc de jouer la carte de la pression médiatique ? Absolument ! La Bretagne devrait s’inspirer de ce qu’il s’est passé en France pour le gaz de schiste. Il faut que les autorités, le gouvernement, cèdent à la pression. La démarche de Douar Didoull relève du réflexe citoyen. Si on ne demande pas l’avis des citoyens, on fait n’importe quoi. Les membres du collectif ne font que légitimement s’interroger, et moi, je leur apporte ma petite expérience. De toute façon, ce n’est pas une fois que les choses seront lancées que l’on pourra faire quelque chose. Le directeur de Variscan Mines évoque l’hypothèse « d’une poignée de dogmatiques qui refusent le développement économique ». Qu’en dites-vous ? Je ne suis pas un ennemi de l’exploitation minière, pas plus que je ne suis un ennemi du gaz de schiste ou du progrès. Je suis, en revanche, pour une exploitation contrôlée et pour le principe de précaution. Quand on ne sait pas faire, on s’en passe ! Et inutile d’être nombreux pour être légitimes !

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/guingamp/projet-minier-nous-n-avons-aucune-garantie-04-05-2015-10615900.php#
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