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La production de pétrole a contaminé des nappes phréatiques au Soudan du Sud

février 26, 2015
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in Romandie
Juba – L’exploitation pétrolière dans l’État d’Unité, au Soudan du Sud, a définitivement contaminé les nappes phréatiques d’une large zone bordant les zones marécageuses du Nil-Blanc, rendant inconsommable l’eau bue par plus de 180.000 personnes, selon une étude publiée jeudi à Juba par une ONG allemande.

Il y a un lien direct entre l’exploitation et la production pétrolière dans le nord de l’État d’Unité et la contamination de l’eau potable dans la zone, a déclaré jeudi à Juba le vice-président de l’ONG Sign of Hope (Signe d’espoir), Klaus Stieglitz.

L’ONG a effectué des prélèvements et mené des recherches depuis six ans, en coopération avec l’entreprise African Water, installée en Allemagne et au Soudan du Sud et spécialisée dans la recherche et la fourniture d’eau potable dans ce pays.

Nous pouvons prouver que l’eau potable dans plusieurs villages (…) est contaminée par des produits d’origine humaine issus des activités d’extraction du pétrole, a affirmé le Dr Hella Rueskamp qui a mené les recherches pour Africa Water.

La nappe phréatique supérieure est polluée par l’infiltration lente d’eaux salées issues de la production de brut, arrivant régulièrement de bassins de stockage et de fosses de boues (de forage) au cours de la saison des pluies, poursuit-elle dans son étude, estimant qu’aucune autre source d’eau salée n’a pu être identifiée dans la zone.

Les compagnies pétrolières ne prennent aucune mesure de protection de l’environnement, stockant eaux usées et boues de forage – contenant des additifs chimiques – dans des bassins ou des fosses creusés directement dans le sol et non isolés et se débarrassent de leurs déchets de façon inappropriée, selon elle.

Depuis plusieurs années, la population (de la zone) se plaint d’un goût salé et amer de l’eau des puits, de maladies intestinales et d’une mortalité anormale du bétail, a poursuivi M. Stieglitz, les gens abandonnent leurs puits pour boire l’eau des marais impropre à la consommation.

Selon lui, au moins 180.000 personnes, selon l’estimation la plus prudente, subissent les conséquences directes de la contamination des nappes, mais nous n’avons aucune étude médicale scientifique concernant les effets exacts de la contamination sur la population.

Le Dr John Ariki, géologue de l’Université de Juba, a critiqué les réticences des autorités sud-soudanaises à admettre les conséquences sur l’environnement de l’activité pétrolière. Les compagnies sont un lobby puissant, elles ne cessent de dire aux autorités qu’elles ne sont pas responsables du problème, a-t-il estimé, les communautés locales pleurent, mais aucune oreille n’écoute.

(©AFP / 26 février 2015 16h45)

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