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La bataille autour du gaz de schiste bat son plein au Royaume-Uni

janvier 27, 2015
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Source : Le Monde

http://lemonde.fr/economie/article/2015/01/26/la-bataille-autour-du-gaz-de-schiste-bat-son-plein-au-royaume-uni_4563462_3234.html

La bataille autour du gaz de schiste bat son plein au Royaume-Uni
Le Monde.fr | 26.01.2015 à 11h24 • Mis à jour le 26.01.2015 à 11h30 |

Par Eric Albert (Londres, correspondance)

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Malgré les réticences de l’opinion publique et des parlementaires, le gouvernement présente une loi pour simplifier les autorisations de forage.
Malgré les réticences de l’opinion publique et des parlementaires, le gouvernement
présente une loi pour simplifier les autorisations de forage. | KAREN BLEIER / AFP

Cette semaine va être symbolique du bras de fer engagé autour du gaz de schiste au Royaume-Uni. D’un côté, le gouvernement britannique pousse à fond pour lancer l’exploration, espérant répliquer la révolution énergétique américaine. Après avoir mis en place un régime fiscal particulièrement avantageux, il va présenter ce lundi 26 janvier une loi pour simplifier l’autorisation des forages. De l’autre, les entreprises pétrolières peinent à faire avancer leurs projets. Mercredi et jeudi, le comté du Lancashire (nord-ouest de l’Angleterre) doit rejeter l’autorisation de deux forages à fracturation hydraulique, les premières demandes depuis la levée d’un moratoire en 2012. Il n’y a pour l’instant aucune exploitation de gaz de schiste au Royaume-Uni. Et, du côté de l’exploration, seule une dizaine de puits devrait être creusée cette année.
Ce n’est pourtant pas faute de recevoir l’aide des autorités britanniques. Depuis deux ans, le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, pèse de tout son poids pour faire de la Grande-Bretagne « le leader dans la révolution du gaz de schiste ». Il a introduit un taux d’imposition de 30 %, deux fois moins que pour les hydrocarbures conventionnels.
Ce lundi, il présente la « loi sur les infrastructures » visant à simplifier la vie des sociétés pétrolières. Pour accéder aux réservoirs de gaz de schiste, il faut souvent creuser de façon verticale, avant de continuer de façon horizontale. L’hydrocarbure peut alors se retrouver sous des habitations ou des terrains privés, dont il faut obtenir l’autorisation. La loi actuelle permet de forcer la main des propriétaires, mais le processus judiciaire est lent et coûteux. La nouvelle loi prévoit d’accorder un droit de forage horizontal automatique à partir de trois cents mètres sous terre, en échange d’un paiement à la communauté locale de 20 000 livres (26 000 euros).

Importantes difficultés politiques
L’enthousiasme du gouvernement se heurte pourtant à d’importantes difficultés politiques. Le comité parlementaire en charge de l’environnement demande dans un rapport publié ce lundi un moratoire sur le gaz de schiste. « Ce n’est pas compatible avec notre engagement à réduire les émissions de gaz à effet de serre », estime Joan Walley, la députée qui préside le comité. Le comité s’inquiète des risques de pollution des nappes phréatiques.
L’appel émane d’un comité dont les membres sont issus de tous les partis politiques (sept conservateurs, six travaillistes, deux libéraux-démocrates et un vert). Les parlementaires savent l’opinion publique divisée : un quart des Britanniques est contre le gaz de schiste, un quart favorable, tandis qu’une moitié hésite. Les légères secousses séismiques provoquées par un forage dans le Lancashire en 2011 ont marqué les esprits. Deux ans plus tard, une proposition de puits d’exploration à Balcombe, un joli village de campagne du sud de l’Angleterre, a provoqué d’importantes manifestations, menées par une coalition de militants verts et de conservateurs locaux.
Dans ce contexte délicat, les demandes d’autorisation de deux forages dans le Lancashire par la société Cuadrilla sont attendues comme un test. Pour la première fois depuis le moratoire mis en place après les secousses séismiques, et supprimé en 2012, des élus locaux doivent trancher sur ce sujet. L’entreprise a déjà obtenu du gouvernement la licence d’exploration, ainsi que le feu vert des autorités environnementales. Il lui reste cependant à obtenir le permis des autorités locales. Selon toute vraisemblance, celles-ci, qui votent sur le sujet mercredi et jeudi, devraient poser leur veto.
La semaine dernière, le comité en charge des autorisations a remis un avis défavorable. Les conseillers municipaux devraient le suivre. « C’est extrêmement frustrant : le gouvernement nous soutient mais le blocage a lieu au niveau de la politique locale », s’agace Tom Crotty, porte-parole d’Ineos, une autre entreprise qui veut se lancer dans le gaz de schiste. Il estime que la loi doit être changée pour donner la responsabilité des autorisations de forage directement au gouvernement. A y regarder de plus près pourtant, le comté du Lancashire ne remet pas en cause le gaz de schiste, mais craint simplement que les travaux ne provoquent trop de bruit ou ne génèrent trop de circulation.

Avis défavorable
« Ce ne sont que des questions locales, qui peuvent être résolues », veut croire Corin Taylor, conseiller du United Kingdom Onshore Oil and Gas, l’organisme qui représente l’industrie. Plus qu’un blocage définitif, l’histoire de ces deux puits illustre la lenteur du processus d’autorisation outre-Manche, avec dix-huit mois d’attente en moyenne. « Aux Etats-Unis, l’autorisation peut être donnée à deux cents puits d’un coup pour une même licence, alors qu’au Royaume-Uni il faut réaliser une demande pour chaque puits », se plaint M. Crotty.
Néanmoins, les signes d’intérêt se multiplient de la part des industriels. Le gouvernement britannique procède actuellement à l’attribution de licences pour 295 nouveaux blocs : il a reçu 95 demandes, un record. Mais, avant leur exploitation, il risque de se passer plusieurs années. « L’industrie du gaz de schiste est dans son enfance au Royaume-Uni », reconnaît un porte-parole du ministère de l’énergie et du changement climatique. M. Taylor estime que l’exploration prendra encore plusieurs années. « On n’arrivera pas à une exploitation avant cinq années environ. » La révolution du gaz de schiste made in Britain devra attendre les années 2020.

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2 commentaires leave one →
  1. janvier 27, 2015 2:12

    Pourtant au USA on voit bien les ravages que ça fait alors sur un petit pays comme celui ci !!!!
    :/

  2. jlr18 permalink*
    janvier 27, 2015 2:21

    La course à l’énergie et l’argent font changer bien des choses…

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