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Le gaz de schiste en Algérie alimente la contestation : La visite-surprise de Hamel à In Salah

janvier 20, 2015
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Taille du texte normalele 19.01.15 | Houria Alioua, El Watan

L’émissaire surprise du président Bouteflika aux habitants d’In Salah n’est autre que le général-major Abdelghani Hamel. In Salah entame, aujourd’hui, son 21e jour de protestation contre la mise en exploitation du premier puits de gaz de schiste du pays par une nouvelle manifestation.

A  la tête d’une délégation entièrement constituée d’officiers supérieurs de la DGSN, au nombre de cinq, ainsi que du fils du chef spirituel de la zaouïa de Moulay Reggani d’Adrar, le général-major Abdelghani Hamel a promis, à l’issue d’une rencontre de deux heures et demie au salon d’honneur de l’aéroport Tafsaout, situé à 8 km de la ville, de revenir dans deux jours avec la réponse du président Bouteflika.

La Présidence veut-elle impressionner et dissuader les opposants au gaz de schiste ? Les avis sont mitigés. Après le flop de Youcef Yousfi décidé  à imposer ce projet décrié par la population, il semblerait – et ce contre toute attente – que le DGSN ait plutôt fait bonne impression, à en croire certains délégués. «Le suspense sur l’identité de l’émissaire a été maintenu jusqu’à la dernière minute, mais je remarque que ce que Yousfi a refusé d’admettre, Hamel l’a écouté avec attention et dûment noté au détail près», répond Ahmed Slimani, un des 22 délégués de la société civile d’In Salah présents à la réunion.

La rencontre était conviviale, sans tension. Les intérêts et la sécurité de la nation ont été brièvement évoqués, mettant la contestation dans un contexte géopolitique global, le général a ensuite demandé à écouter les délégués. «Nous avons répondu que la question sécuritaire n’était pas à l’ordre du jour, que les rapports qui lui parvenaient n’ont souligné aucun incident.»

Le général-major Hamel aurait acquiescé de la tête. Il voulait, semble-t-il, sonder ses interlocuteurs, leur vision et entendre leurs requêtes. «Nous déplorons notre mise à l’écart. Personne ne nous a rassurés sur l’impact environnemental du gaz de schiste, ses dangers pour l’eau, le sol et l’air. Nos appréhensions sont d’ordres géologique et chimique. Quelles sont les garanties sur l’innocuité des substances toxiques utilisées au cours de la fracturation hydrique ?» s’interroge Talbi Ali, un autre délégué qui souligne que M. Hamel a «écouté jusqu’au bout, donné tout le temps aux différents intervenants sans jamais leur couper la parole. Il n’a pas émis d’avis personnel».

Le DGSN et ses accompagnateurs ont donc fait un exercice d’absorption de la colère, prêtant l’oreille pendant deux heures et demie et prenant note des réserves émises par les représentants de la société civile. Les revendications ? «L’arrêt des forages, le nettoyage des sites, un débat national conjugué à une sensibilisation scientifique à travers le pays.» Il a demandé trois délégués pour rencontrer Bouteflika, «s’ils n’avaient pas confiance en lui».

Ces derniers ont rétorqué qu’ils le chargeaient de cette mission et que personne ne se déplacerait à Alger. Une décision qui a sidéré la foule présente devant la daïra à qui on annonçait les résultats de l’entrevue et le retour de Hamel dans deux jours avec la décision du Président et pour seule exigence «l’interruption du mouvement et le retour à la vie normale». Les réactions sont diverses.

Certains sont convaincus que «Hamel a joué la carte de l’apaisement et du dialogue en rupture totale avec un ministre de l’Energie inaugurant en catimini un puits finalisé, méprisant la population et qui veut imposer le gaz de schiste comme unique alternative, accusant les protestataires d’être contre l’intérêt de la nation, une ministre de l’Environnement qui leurre l’opinion, un PDG de Sonatrach qui annonce le maintien des forages dans l’Ahnet à 200 km d’In Salah, alors qu’il se trouve à peine à 28 bornes».

D’autres voient en la désignation du DGSN «une nouvelle provocation, voire une menace déguisée, une main de fer dans un gant de velours, exprimant de la sollicitude devant l’angoisse justifiée des habitants et leur action pacifique, tout en montrant par sa présence personnelle et celle de ses accompagnateurs que le recours à la solution sécuritaire reste envisagé».

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