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L’AIE prédit une dépendance durable de l’UE au gaz russe

décembre 3, 2014

 source: EurActiv.com
Infrastructures de Gazprom à Moscou. Le monopole de entreprise russe a pousse l'UE à augmenter son indépendance énergétique.

Infrastructures de Gazprom à Moscou. Le monopole de entreprise russe a pousse l’UE à augmenter son indépendance énergétique. [Greg Westfall/Flickr]

L’Union européenne restera dépendante des importations de gaz russe dans les années à venir, avertit l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport sur les politiques énergétiques de l’UE.

Comme la production d’énergie fossile dans l’UE diminue rapidement, surtout au Danemark et aux Pays-Bas, les importations de gaz devraient augmenter entre 2020 et 2030, selon le nouveau rapport de l’AIE sur les politiques énergétiques de l’UE.

Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’UE, nécessaires à la diversification des sources d’énergie, ont été divisées par deux depuis 2010, atteignant un niveau exceptionnellement bas en 2014. Les ressources sont à nouveau exportées vers l’Asie, ce qui laisse 70 % des capacités de l’UE inutilisées, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les ressources américaines de GNL à moyen terme ont été vendues aux marchés asiatiques, ce qui a augmenté les prix à l’exportation.

Les gaz non conventionnels, comme le gaz de schiste, pourraient assurer plus de sécurité énergétique à l’Union, mais certains États membres s’opposent vigoureusement à leur utilisation.

>> Lire : L’Allemagne se rapproche d’une interdiction de la fracturation hydraulique

« La vérité est que l’UE restera dépendante du gaz russe pendant un certain temps encore », a conclu la directrice administrative de l’AIE, Maria van der Hoeven, devant la Commission européenne à Bruxelles le 1er décembre.

La sécurité énergétique est une priorité des décideurs politiques depuis la querelle de 2009 entre l’Ukraine et la Russie à ce sujet, qui avait rendu les livraisons de gaz vers l’Europe instables. La prolongation de la crise ukrainienne de 2014 a également menacé l’approvisionnement en gaz, jusqu’à l’accord conclu le 30 octobre entre Kiev et Moscou.

>> Lire : La crise ukrainienne remet l’efficacité énergétique en tête des priorités européennes

Environ 15 % des importations de gaz vers l’Europe transitent par l’Ukraine. Six États membres, dont la Bulgarie et la Slovaquie, se fournissent en gaz via Gazprom uniquement, et dépendent donc entièrement de la Russie.

L’UE est le plus grand importateur d’énergie du monde : plus de la moitié (53 %) de l’énergie consommée par les Européens est importée. L’AIE estime cependant qu’elle doit dynamiser ses engagements auprès des pays producteurs, transporteurs et consommateurs et s’adapter rapidement aux changements des marchés mondiaux.

« L’Union européenne doit s’assurer d’avoir plus de pouvoir en tant que négociateur et faire preuve de plus de cohérence dans sa politique énergétique extérieure », ajoute l’agence, qui assure la promotion au niveau mondial de l’énergie propre et la sécurité énergétique.

Gaz naturel liquéfié et gaz de schiste

Les importations de gaz naturel liquéfié (ou GNL) sont « essentielles » à la diversification des sources d’approvisionnement de l’UE, et le GNL est la meilleure option en terme de diversification, après le gaz provenant des nouvelles réserves d’Asie centrale via le corridor Sud, souligne le rapport.

L’Agence note également que l’augmentation des importations via le corridor Sud au-delà de 2019 permettrait une meilleure concurrence et une meilleure intégration des marchés du gaz dans l’est et le sud de l’Europe.

Le niveau exceptionnellement bas de GNL utilisé en Europe en 2014 est lié à des investissements mondiaux retardés, à une demande toujours croissante des pays d’Asie, qui a engendré une hausse des prix, et à l’impossibilité d’accéder aux réserves nord africaines.

Le GNL provenant des États-Unis a en grande partie été acheté par l’Asie et il n’existait que peu de raisons pour Washington de vendre son gaz à l’Europe à moyen terme, explique l’AIE.

>> Lire : Le gaz de schiste ne révolutionnera pas l’énergie en Europe

L’Agence estime que, d’ici 2035, l’UE pourrait s’assurer quelque 80 milliards de mètres cubes de gaz non conventionnels, si les conditions en termes de politique, de législation et d’opinion publique étaient réunies.

En Amérique du nord, le gaz de schiste est déjà largement utilisé, il existe donc des données sur les conséquences environnementales de son extraction et les techniques se sont améliorées. L’UE devrait tirer parti de cette expérience afin de diversifier ses sources d’approvisionnement, toujours selon le rapport de l’AIE.

>> Lire : Le gaz de schiste au cœur du sommet UE-USA

« L’UE […] ne peut pas se permettre de réduire ses options énergétiques ; le nucléaire, le charbon et les gaz et huiles non conventionnels devront faire partie de son éventail de possibilités », insistent les auteurs du rapport. L’énergie renouvelable doit aussi conquérir plus de parts des systèmes et marchés électriques de l’Union.

Dans le même temps, la moitié des capacités nucléaires au sein de l’Union sera supprimée dans les dix années à venir. L’AIE encourage donc les États membres à prendre des décisions quant aux améliorations, aux mises à jour et à l’allongement de la durée de vie des centrales existantes.

L’UE dans la bonne direction

Lors de la publication du rapport, Maria van der Hoeven a toutefois noté une évolution dans le bon sens depuis le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie, en 2008.

De nouveaux gazoducs et de meilleures capacités d’importation et de stockage du GNL ont rendus le marché européen du gaz moins enclin à des instabilités à court terme. L’inversion des flux de gaz, par laquelle des entreprises européennes revendent du gaz russe à l’Ukraine, par exemple, ont également contribué à l’amélioration de la situation.

L’inversion des flux n’est toutefois pas possible à toutes les interconnections et l’accès au GNL stocké dans un autre État membre est souvent difficile, tempère le rapport. L’AIE fait également remarquer que nombre des points d’interconnexion sont encombrés à cause de contrats conclus longtemps à l’avance.

>> Lire : Le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe progress

Réduire la dépendance

Le rapport conclut que la réduction de la dépendance énergétique de l’Union vis-à-vis de la Russie passe par des politiques harmonisées dans différents domaines.

>> Lire : Rebecca Harms: Oettinger a torpillé la politique d’indépendance énergétique de l’UE

Le marché du gaz doit être libéralisé, estime l’AIE, et le potentiel de production de gaz naturel dans l’UE doit être réévalué. L’utilisation du gaz devrait aussi être limitée autant que possible grâce à des technologies propres, et notamment en le remplaçant par de l’énergie renouvelable.

Une meilleure efficacité énergétique sous-entend aussi de meilleurs systèmes de chauffage dans les villes, le remplacement des combustibles dans la production d’énergie, une rénovation efficace des bâtiments et des appareils électriques plus performants.

« L’efficacité énergétique est une priorité pour la nouvelle Commission », a insisté Miguel Arias Cañete, commissaire au Climat et à l’Énergie, lors de l’évènement de publication du rapport de l’AIE. Il a ajouté que la Commission planchait déjà sur l’amélioration d’infrastructures permettant une meilleure connexion, et interconnexion des marchés du gaz européens.

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