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Un monde à court de pétrole

novembre 19, 2014

Courrier des lecteurs –

source: Journal de l’île de la Réunion

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Malgré la production nord-américaine de carburants fossiles non conventionnels et la fourniture de pétrole offshore du Brésil, le brut d’Arabie reviendra en avant dans les années 2020, seule énergie en mesure d’étancher la soif de pétrole de la planète. C’est une des révélations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans le World Energy Outlook 2013 (WEO 2013). D’ici à 2035, la demande aura augmenté d’1/3 et sera soutenue par l’Inde et le Sud-est asiatique davantage que par la Chine. Le Brésil s’illustre par ses performances en terme d’intensité énergétique, mais aussi en tant que nouveau producteur et consommateur mondial. La consommation de l’OCDE va stagner.

Le WEO 2013 pointe le fait que le pétrole de schiste et celui extrait à grande profondeur constitueront un apport supplémentaire en raison de l’amélioration des techniques d’extraction. Pour combien de temps ? Les experts tablent sur une production qui ne dépassera pas l’horizon 2020 pour les huiles de schiste. « Le prix du pétrole s’oriente vers 128 USD le baril en 2035 ce qui soutiendra le développement de ces nouvelles ressources. La montée en puissance des pétroles de schiste va réduire l’écart entre la demande, 101 millions de barils/jour en 2035, et l’offre, 65 millions de barils/jour », résume le WEO.

La révélation : le Moyen-Orient redeviendra la clé. A l’heure actuelle, le rôle de l’Opep est restreint par quatre principaux faits : les exportations étasuniennes, premier producteur de pétrole mondial en raison de ses pétrole et gaz de schiste ; les exportations de sables bitumineux du Canada ; la production brésilienne de pétrole offshore extrait à grande profondeur, dont le débit atteindra 6 millions de barils/jour d’ici à 2035 ; la production de gaz naturel liquéfié un peu partout sur la planète. Cette combinaison en provenance d’autres pays que l’Opep se tarira à partir des années 2020. Les compagnies pétrolières des pays de l’Opep disposent, elles, de 80% des réserves prouvées.

L’AIE confirme le pic pétrolier à travers l’analyse de 1600 puits : ceux-ci s’illustrent par une décrue de 6% de leur production. Sur les 790 milliards de barils devant être produits d’ici à 2035 pour satisfaire la demande mondiale, plus de la moitié servira à endiguer le déclin.

Le WEO se penche sur le coût de l’extraction. Et souligne que les ressources futures ne pourront être mises en production aux mêmes coûts qu’aujourd’hui. L’AIE établit un modèle combinant taux de déplétion, évolutions technologiques et inflation des coûts, qui tendent à augmenter avec le prix du baril.

« La capacité de l’industrie pétrolière à développer rapidement de nouvelles ressources est limitée », avertit l’AIE. Une inconnue : le pétrole lourd du bassin de l’Orénoque, au Venezuela, qui représente les plus grandes réserves mondiales.

Quand on connaît l’optimisme dans lequel se complaît l’AIE, et qui porte du crédit aux puissances du golfe quant à l’estimation de leurs propres réserves, on ne peut être qu’inquiet. Et quand le GIEC nous prédit un réchauffement de 4°c à la fin du siècle, lié aux activités anthropiques, et particulièrement la consommation d’énergie fossile, on se dit que, décidément, il n’est pire sourd qu’un capitaliste croissantiste et consommateur d’énergie fossile qui ne veut pas entendre. Pourtant l’avenir de l’humanité est en jeu.

Bruno Bourgeon, président d’AID

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