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Gaz de schiste : «Le Gers est dans une zone grise»

octobre 27, 2014

LaDépêche.fr

 

 

Sylvain Lapoix a présenté la BD enquête publiée chez Futuropolis à la librairie le Migou./ Photo DDM Nedir DEbbiche.

 

Sylvain Lapoix publie un lourd pavé très documenté sur le gaz de schiste et son industrie, «Energies extrêmes» (ed. Futuropolis). Il était en dédicace à la libraire Le Migou à Auch. Une découverte du Gers pour cet auteur qui annonce déjà son retour pour se pencher sur les dossiers locaux.

«Energies extrêmes» est une BD rigoureuse, aux sources nombreuses, et qui a des accents de réquisitoire contre le gaz de schiste.

Quand un journaliste économique — et ils sont nombreux — fait un article ou une intervention pour dire tout le bien qu’il pense de l’exploitation du gaz de schiste, personne ne lui dit qu’il est «pro» gaz de schiste ! Non, cette BD n’est pas une charge, c’est une enquête. Elle interroge les acteurs, les décideurs et les chercheurs. Je donne deux fois plus la parole aux pros qu’aux opposants. Au lecteur de se faire une opinion à partir des faits.

Votre enquête, dessinée par Daniel Blancou, ne passe pas par les circuits habituels de l’information sur les questions scientifiques. Pourquoi ?

En France, pour les questions environnementales, on va toujours voir les spécialistes du CNRS, ou les experts de telle instance officielle. Moi, je vais sur place écouter les spécialistes locaux, souvent plus au fait des particularités des sites concernés. Je confronte ces infos avec les avis des experts nationaux, qui n’ont souvent pas accès à ces données, qui leur parviennent comme écrémées à chaque niveau.

Le gaz de schiste dans le Gers, c’est pour demain ?

Le Gers est l’une de ces zones grises que le livre met en lumière. L’une des stratégies des groupes qui exploitent cette ressource est d’entretenir le flou entre les gisements classiques de gaz ou de pétrole, et ceux de gaz ou d’huile de schiste. La hausse du coût du pétrole a relancé les recherches sur des gisements jugés auparavant peu rentables. Les pétroliers en profitent pour vérifier les deux ressources.

Existe-t-il réellement des gisements de gaz de schiste dans le Gers ?

Là encore, zone grise ! La documentation géologique est souvent ancienne. Dans le sud-est, elle datait des années trente ! Ici, elle ne permet pas de savoir exactement quels peuvent être ces gisements. C’est l’un des prétextes avancés pour déposer des permis de recherche par les groupes pétroliers. Car le même permis permet de rechercher les hydrocarbures conventionnels et schisteux. Par exemple, une société canadienne, Vermilion, achète des permis conventionnels pour faire des recherches sur les gaz de schiste en Ile-de-France.

Les permis qui concernent les gaz de schiste sont pourtant identifiables ?

Oui, parce qu’ils doivent mentionner les techniques de forage. Et pour les strates où se trouvent les hydrocarbures schisteux, il faut utiliser la fracturation hydraulique. C’est là que les opposants découvrent la menace.

Votre vision du gaz de schiste déborde largement du seul cadre environnemental.

Oui, c’est une question d’aménagement du territoire. Il y a des gisements sous Paris, Lyon, Strasbourg… Pourquoi n’y a-t-il pas de permis là-bas ? Pourquoi les donner là où on estime qu’il n’y a personne ? Là encore, la France régit ces questions avec un Code minier qui date du XIXe siècle. On ne valorise pas les territoires, mais les ressources. C’est ce qui fait qu’une autorisation met 10 ans à être délivrée… mais qu’elle est toujours donnée, au final !

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