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Centre Yonne – CEZY (89410) – La quête de pétrole suscite la méfiance

octobre 9, 2014

Marie Coreixas, L’Yonne Républicain

Les habitants consultés sur une demande de recherche d’hydrocarbures en Centre Yonne.

Alors qu’une consultation publique sur deux permis de recherches d’hydrocarbures est en cours, des associations se mobilisent contre ces projets.
Depuis le 19 septembre et jusqu’au samedi 11 octobre, les Icaunais sont invités à se prononcer sur deux demandes de permis de recherche d’hydrocarbures liquides et gazeux. L’une, dite « permis de Dicy », concerne principalement le Loiret, à l’exception de quelques villages du nord de l’Yonne. L’autre, formulée par la société Bluebach ressources, dite « permis de Cézy » s’applique à un territoire d’un peu plus de 300 km2. Ces deux demandes remontent à 2010. Le gaz de schiste interditPourtant, l’ouverture de la consultation publique sur le site du ministère a généré l’émoi ces derniers jours. L’ Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne (ADENY), Attac et C3V distribuent des tracts pour mobiliser l’opinion précisément contre ces deux demandes de permis, alertant sur « l’arrivée du gaz de schiste dans l’Yonne ». Sauf qu’en fait, il y a loin de la coupe aux lèvres. D’une part, la loi de juillet 2011 interdit l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste en France. Les deux sociétés s’y conformant, elles ont reçu un avis favorable du préfet de l’Yonne le 16 mai 2012, et de la direction régionale de l’Environnement, de l’aménagement et du logement de Bourgogne, le 4 avril 2012. D’autre part, d’autres demandes et dossiers similaires sont en cours dans l’Yonne (*). Alors pourquoi cette levée de boucliers?? « Les autres projets ont l’air dormants. Là on a l’impression que ça a l’air imminent, avance, sans plus de précision, Jean-Paul Couillault, président de l’ADENY. L’association forge sa conviction sur le fait que « des documents sur ces deux demandes sont disponibles sur Internet ». C’est également le cas pour d’autres projets. « Nous les connaissons aussi, relève Jean-Paul Couillault, mais nous sommes peu nombreux. On est obligés de choisir nos cibles. » Il assure aussi : « On a l’impression qu’ils veulent creuser et attendre que la loi change ».
Stéphane Touche, gérant de Bluebach ressources, demandeur du permis de recherches de Cézy, s’en défend. Ce que convoite sa société, ce sont des hydrocarbures dits conventionnels. Du pétrole. « L’ensemble des données sismiques recueillies par les opérateurs il y a une vingtaine d’années sont tombées dans le domaine public », explique-t-il. D’après lui, elles tendent à prouver que les sols icaunais contiennent du pétrole. C’est un fait. À Bagneux par exemple, près de Villeneuve-l’Archevêque, Geopetrol possède une petite concession qui produit 200 tonnes de pétrole par an, pour un gisement estimé à 67.000 tonnes. Pas assez rentables par le passé, quand le prix du baril était bas, ces petits gisements avaient été abandonnés par les grosses compagnies pétrolières. Ce fut le cas à Joigny, près de Cézy, où du pétrole avait été découvert dans les années soixante-dix, mais jamais exploité. (*) Procédure. La consultation publique soumise  aujourd’hui aux habitants les invite à se prononcer, à titre consultatif, sur la demande de recherches d’hydrocarbures. Cette consultation ne s’effectue que par Internet. Pour autant, Bluebach n’est pas près de forer dans la campagne icaunaise. Après la consultation, le dossier devra encore passer entre les mains du Conseil général de l’industrie et de l’énergie (ex-Conseil des mines), lequel devra donner son accord. Enfin, si le décret d’autorisation de recherches est signé, il sera soumis à l’accord du ministère de l’Environnement. Si le permis était accepté, s’en suivrait « un an de travail de cartographie du sol, dans un bureau », explique Stéphane Touche, gérant de Bluebach ressources. Si celle-ci s’avère intéressante, l’entreprise peut envisager de forer, mais il lui faudra pour cela repasser par une déclaration d’ouverture de travaux, assortie d’une étude d’impact. Enfin, si au bout de cette longue procédure un gisement de pétrole venait à être découvert, la société devrait alors demander une concession de 25 ans pour pouvoir exploiter le puits.

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