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Avec le départ de Montebourg, gaz de schiste et nucléaire perdent un allié de poids

août 26, 2014

source: l’usine nouvelle

   Par  – Publié le26 août 2014, à 10h41

Montebourg
© Pascal Guittet  Pendant deux ans et demi, Arnaud Montebourg n’a cessé de défendre le gaz de schiste et le nucléaire face à des gouvernements qui s’y opposaient parfois vigoureusement. S’il s’est fait entendre en partie sur l’atome, il n’a pas réussi à s’imposer sur les gaz non conventionnels.Le départ du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, doit faire plaisir à quelques ex-membres du gouvernement qui ont croisé sa route au cours des trente mois passés.

Les ministres de l’Ecologie Delphine Batho et Philippe Martin, la ministre du Logement, Cécile Duflot, et même le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault… Tous se sont opposés au virulent ministre qui n’a cessé depuis mai 2012 de défendre le gaz de schiste et le nucléaire. Un couac permanent dans des gouvernements opposés le plus souvent aux industries pétrolières et atomiques.

Le gaz de schiste, c‘est bon pour l’industrie

Sur le gaz de schiste, le ministre a débuté très tôt son lobbying. En octobre 2012, il met en scène son positionnement en pleine conférence environnementale. Alors que le président de la République jure main sur le cœur qu’il n’y a aura jamais d’exploration de gaz de schiste en France sous son mandat, Arnaud Montebourg sort ostensiblement de son sac un numéro de L’Usine Nouvelle avec en une « le gaz de schiste, c‘est bon pour l’industrie ».

A partir de là, le ministre de Redressement productif répétera souvent que la France doit explorer ses ressources en gaz non-conventionnel. Début 2013, il recevra même le soutien de son collègue des Affaires étrangères, Laurent Fabius et de Michel Rocard.

Terrorisme intellectuel

A plusieurs reprises, il tâche de convaincre le Président de s’orienter vers les gaz non conventionnels à travers d’autres technologies. Ainsi, il va promouvoir l’exploration du gaz de houille (le grisou des anciennes mines) essentiellement présent en Lorraine. Début 2014, il va remettre au Président un rapport sur la technologie de fracturation de la roche au propane qu’il considère comme une méthode propre.

A l’occasion d’une des crises les plus sérieuses qui a opposé Arnaud Montebourg à Philippe Martin et Cécile Duflot, ce premier déclarera sur Europe 1 :« On peut avoir des désaccords dans une coalition majoritaire avec nos amis les Verts, mais je n’admets pas que l’on soit victime d’une forme de terrorisme intellectuel ». 

Filière d’avenir

Sur le nucléaire, l’homme ne ménagera pas sa peine. Dès août 2012, Arnaud Montebourg parle du nucléaire comme d’une « filière d’avenir ». Une déclaration qui soulève l’ire des alliés Verts qui forceront le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à recadrer publiquement Arnaud Montebourg. Mais pas de quoi arrêter l’élu de Saône-et-Loire, département riche en sites industriels d’Areva.

Fin 2013, en accompagnant le Premier ministre en Chine, Arnaud Montebourg lance : « Le point commun entre la France et la Chine est de considérer que le nucléaire est une filière d’avenir ». Quelques mois plus tard, le nouveau Premier ministre, Manuel Valls et la nouvelle ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, feront, à leur tour, référence au nucléaire, qu’ils considèrent comme une technologie à conserver pour l’avenir de la France. Sans toutefois revenir sur les engagements de François Hollande de diminution de la part de l’atome.

Au final, Arnaud Montebourg n’aura jamais réussi à faire avancer le débat sur le gaz de schiste en France. Il reste bloqué au point où il en était en 2011 après le vote de la loi interdisant la fracturation hydraulique dans le pays. En revanche, il a sans doute réussi à donner un peu d’air à l’atome français. Si le président de la République s’est opposé à la présence de l’atome dans les 34 plans industriels présentés en septembre 2013, Arnaud Montebourg a réussi à obtenir la création d’un fond pour moderniser les PME du nucléaire.
Il aura aussi apporté son soutien au lancement du World Nuclear Exhibition, le premier salon du nucléaire censé vanter la qualité des compétences et produits français à l’export.

Ludovic Dupin

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