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Aux Etats-Unis, l’énergie renouvelable résiste vaille que vaille au gaz de schiste

février 6, 2014

source: AFP/romandie.com

NEW YORK – Face au boom du gaz de schiste aux États-Unis, source d’énergie abondante, pas chère et moins polluante que le charbon, les énergies renouvelables ne s’avouent pas vaincues et continuent vaille que vaille à protéger leur pré carré.

La part du gaz naturel dans la production d’électricité nationale est passée de 16% en 2000 à 30% en 2012 grâce aux récents progrès des techniques d’exploitation, et devrait atteindre 35% en 2040.

Inquiétude sous-jacente, relayée entre autres par l’Agence internationale de l’énergie dès 2011: que cette manne freine les investissements dans le secteur du renouvelable, en particulier le solaire et l’éolien.

Sans incitation réglementaire ou financière, et face à la concurrence imbattable du gaz de schiste, il n’y aura pas de marchés rentables pour ces technologies à court terme, craignaient plusieurs observateurs. Leur développement pourrait être retardé de plusieurs décennies.

Mais l’explosion du gaz de schiste a pour l’instant surtout fait de l’ombre aux centrales à charbon.

Voisins plutôt que concurrents

Le gaz de schiste et les énergies renouvelables ne fonctionnent pas tant comme des concurrents que comme des voisins complémentaires, assure Dr Dan Arvizu, directeur du Laboratoire national sur les énergies renouvelables.

Les centrales à gaz sont d’une part capables de prendre rapidement le relais de l’éolien ou du solaire sur le réseau électrique quand ceux-ci ne fonctionnent pas et pendant les pics de consommation.

Les énergies renouvelables peuvent parallèlement servir de garantie contre l’instabilité des cours du gaz naturel, qui ont par exemple bondi en janvier alors que les États-Unis se frigorifiaient. L’avenir du gaz de schiste peut aussi s’assombrir si émergent des réglementations environnementales coûteuses ou si les ressources se tarissent plus rapidement que prévu.

Preuve de la résistance des renouvelables: le secteur a représenté 38% de l’électricité ajoutée sur le réseau dans le pays en 2013, selon le Dr Arvizu.

Les pouvoirs publics, s’ils n’injectent plus autant d’argent qu’au moment du grand plan de relance de l’économie lancé en 2009, ne se désengagent pas pour autant de la recherche et développement, assure-t-il.

Les énergies renouvelables restent quand même un acteur mineur puisqu’elles ne représentaient que 12% de la production d’électricité en 2012 pour ne grimper qu’à 16% à l’horizon 2040 si les aides actuellement accordées au secteur ne sont pas reconduites, selon l’EIA.

Ces subventions, combinées aux exigences imposées par plusieurs États américains sur la diversification des sources d’énergie, ont pourtant permis d’atténuer l’impact de l’arrivée soudaine du gaz de schiste sur le marché de l’énergie, relève Trevor Houser, auteur du livre Fueling Up consacré aux conséquences économiques du boom des gaz et pétrole de schiste.

Imprévisibilité des aides

Grâce aux coups de pouce du secteur public et à une baisse des prix rendue possible par de nouvelles technologies, l’éolien et le solaire sont déjà concurrentiels dans plusieurs régions.

Mais les défenseurs des énergies renouvelables s’inquiètent de l’imprévisibilité des aides au secteur, à l’instar du non-renouvellement en début d’année du crédit d’impôt destiné à favoriser l’énergie éolienne.

Certaines personnes estiment que puisqu’on est devenu compétitif, on n’a pas besoin de ces incitations financières, relève Todd Foley, du Conseil américain sur les énergies renouvelables (Acore). Mais quand vous préparez un projet, vous intégrez ces aides financières.

Mark Little, directeur technologique du conglomérat industriel et grand acteur de l’éolien GE, renchérit: Il y a encore 10 ans l’industrie des énergies renouvelables aux États-Unis n’était pas viable, sur le long terme notamment, car les politiques ne cessaient de changer. Depuis on observe encore des revers politiques mais le marché s’est mondialisé.

Autre développement positif: des acteurs inattendus se lancent dans l’aventure, tel Google qui investit dans des centrales solaires en Californie et en Arizona, souligne Todd Foley. On en est au tout début en terme de capacités des énergies renouvelables. Aux États-Unis, le solaire représente moins de 1% de la génération d’électricité et l’éolien, qui s’approche de 5%, a de l’espace pour croître encore.

(©AFP / 06 février 2014 07h29)   

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